Le Data-ink ratio appliqué à la cartographie

Concepts géodécisionnels

Une lecture à laquelle je fais référence souvent dans la composition de nos applications est Information Dashboard Design de Stephen Few. Bien que ce livre n’aborde pas les concepts de visualisation cartographique directement, les concepts de représentation graphique des tableaux de bord qu’on y retrouve peuvent s’appliquer.
Un concept qui ressort de cette lecture est la mauvaise habitude dont plusieurs se laissent prendre qui est l’utilisation superflue d’habillage dans les représentations visuelles. Pour Few, on peut contrer cette problématique en appliquant le concept de Data-Ink ratio de Tufte E. (1983)1. Utiliser des trames, des effets 3D dans les diagrammes, des quadrillages ou images en arrière plan dans les tableaux de bord ne font qu’alourdir le message sans apporter de plus value (cf. illustration de Few). En pratique, on a souvent tendance à se laisser emporter par les beaux visuels, les belles couleurs, etc. Pour Few, l’épuration au maximum des représentations visuelles est la clé du succès, c’est pourquoi il réfère au concept Data-Ink ratio de Tufte « Above all else show the data ». «Le ratio data-ink est la proportion d’encre (ou pixels) qui est utilisée pour présenter les données, sans redondance, comparativement à la quantité totale d’encre (ou pixels) utilisés par la représentation graphique» (traduction libre).

Exemple tiré de Few (2)

Dans l’exemple ci-contre, sauriez-vous identifier les éléments superflus qui peuvent éventuellement nuire à la compréhension du message? La bordure autour de la légende, la bordure autour du tableau, la grille de ligne en fond de graphique, la densité dans l’échelle numérique de l’axe vertical, l’unité de mesure qui se répète à chaque valeur sont pour moi des éléments qui encombrent.

NSW Crime Explorer Application (3)

Cette surabondance d’encre se constate aussi en cartographie, où de plus en plus les applicatifs Google prennent de la popularité. On habille nos cartes de beaux visuels et de données de contexte de plus en plus, mais pourquoi ? Lorsque l’on souhaite interpréter un indicateur ventilé par région sur une carte choroplèthe, quelle est la plus value d’avoir le réseau routier, l’hydrographie et les points d’intérêt aussi denses en arrière-plan?

Carte choroplèthe des secteurs municipaux

Carte choroplèthe des secteurs municipaux

Quel intérêt lorsque l’on ne souhaite pas se localiser par rapport au contexte environnant, mais plutôt illustrer un phénomène à un niveau régional ?

Arrêtons-nous plutôt sur le message que l’on veut illustrer par notre carte qu’on veut claire et non pas noyée dans l’encre.

Références

  • (1) The Visual Display of Quantitative Data, Edward Tufte, 1983
  • (2) Elegance Through Simplicity, Perceptual Knowledge, Stephen Few, October 16, 2004
  • (3) NSW Crime explorer Application
Écrit par
 
MJProulx

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