Les origines du terme « SOLAP » ou la petite histoire d’une grande idée!

Une citation populaire fait état que jusqu’à 80 % des données contenues dans un entrepôt de données ont une composante spatiale. Afin de supporter une exploitation cartographique de cette composante, les dernières années on vu apparaître différentes solutions combinant, à différents degrés, les concepts décisionnels des familles d’outils d’exploitation d’entrepôts de données (générateurs de rapports, outils OLAP (« On-Line Analytical Processing »), tableaux de bord) aux concepts géospatiaux des logiciels cartographiques ou des systèmes d’information géographiques (SIG).

Toutes les familles d’outils d’exploitation d’entrepôts de données proposent maintenant une saveur géospatiale qui peut prendre différentes formes : de l’intégration d’engins cartographiques à l’intérieur des composantes d’une suite d’intelligence d’affaires (BI) (solutions BI-dominantes) à la connexion de SIG à des systèmes de gestion de bases de données multidimensionnels (solutions SIG-dominantes), en passant par les logiciels intermédiaires qui créent un pont entre, ou qui intègrent complètement (solutions intégrées), des entités des deux mondes.

Certains des outils combinant OLAP et fonctionnalités géospatiales peuvent porter le nom d’outils SOLAP (pour « Spatial OLAP »). L’acronyme SOLAP a été créé par le Dr. Yvan Bédard, pionnier dans ce domaine, en 1997, en parallèle au terme « base de données spatiale » (Spatial Database) qui intègre dans le concept conventionnel de base de données, des concepts de gestion de données géospatiales. En effet, c’est lors de sa présentation à la Conférence Géomatique VI de l’ACSG à Montréal qu’il a présenté les concepts SOLAP et sa vision d’une telle technologie complémentaire aux SIG. Reconnu comme « Père du SOLAP », le Dr. Yvan Bédard a défini les logiciels de type SOLAP comme des logiciels de navigation rapide et facile dans des bases de données spatiales à plusieurs niveaux de granularité d’information, plusieurs thèmes, plusieurs époques et plusieurs modes de visualisation synchronisés ou non : cartes, tableaux et diagrammes (voir Bédard, Proulx, Rivest, 2005 pour plus de détails). Les premiers travaux publiés sur les outils SOLAP ainsi que les premiers prototypes d’outils proviennent de trois équipes de recherche universitaire reconnues internationalement. L’équipe du Dr. Yvan Bédard, à l’Université Laval, Canada a expérimenté la combinaison de différentes technologies OLAP et SIG avant de créer JMap SOLAP (devenu Map4Decision) et a publié un premier ensemble de caractéristiques que devrait posséder tout outil qualifié de SOLAP (voir Bédard, 1997; Rivest, Bédard & Marchand, 2001). L’équipe du Dr. Jiawei Han, à l’Université Simon Fraser (Canada), a décrit une méthode pour la matérialisation des cubes de données géospatiales (voir Han, Stefanovic & Koperski, 1998; Stefanovic, Han & Koperski, 2000) et développé l’outil GeoMiner. L’équipe du Dr. Shashi Shekhar, à l’Université du Minnesota, a développé pour sa part l’outil Map Cube pour la visualisation d’entrepôts de données spatiales (voir Shekhar, Lu, Tan, Chawla, Vatsavai, 2001). Depuis, plusieurs autres équipes de recherche ont vu le jour à travers le monde et traitent d’aspects variés liés aux outils SOLAP (ex. modélisation de cubes de données spatiales, indexation spatiale, agrégation spatiale, SOLAP matriciels, etc).

Du côté des outils commerciaux, les innovations sur le marché sont venues de petites compagnies offrant des ponts (ex. ProClarity) entre logiciels OLAP et logiciels cartographiques ou des solutions intégrées (ex. Map4Decision). Maintenant, les grands vendeurs de logiciels en intelligence d’affaires (BI) et en systèmes de gestion de base de données offrent aussi leur propre solution, plus ou moins intégrée et avec plus ou moins de fonctionnalités. Par exemple, Oracle a rendu disponible, la semaine dernière, sa nouvelle version de OBIEE 11g (11.1.1.5) qui offre une solution consolidée et un bon niveau de fonctionnalités géospatiales. Enfin, signe de maturité de cette technologie, les fournisseurs open-source investissent depuis peu en SOLAP pour intégrer les fonctions de base des produits commerciaux, ce qui suit la tendance notée par Gartner (2011) pour l’ensemble du BI. Pour une liste plus exhaustive des solutions combinant le SIG et le OLAP voir la conférence Veille technologique portant sur le mariage judicieux de l’intelligence d’affaires et l’information géospatiale de Géomatique 2009.

Après plus de 15 ans depuis les premiers prototypes d’outils SOLAP, le marché est plus mûr et de plus en plus d’implantations sont réalisées à diverses échelles. Un marché à suivre car en constante évolution!

Écrit par
 
SRivest

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